1000say, Apollon

Si vous êtes en train de nous lire, il est fort probable que vous viviez en France ou en Belgique. Ce qui signifie que vous avez peut-être déjà vu en concert le groupe dont nous allons vous parler : 1000say !

En effet, ce quatuor composé de NON (batteuse), API (chanteuse et bassiste), MICHELLE (synthé, ocarina et autres instruments) et enfin MAN (chanteur et guitariste), est déjà passé par Japan Expo Paris, Japan Expo Centre et Japan Expo Belgium. Mais pas que, ils étaient l’an passé invités à Japan Expo USA, on salue donc notre public d’Outre-Atlantique au passage.
Après plusieurs EP, la formation a sorti son premier album, Apollon, en octobre 2011, c’est sur celui-ci que nous allons revenir.

L’entrée dans leur univers avec « Wonder » se fait très délicate. De fines notes pianotées, tandis qu’API délivre de légères nappes vocales, sur lesquelles MAN interviendra quelque peu avec une voix à effets.
Le contraste est saisissant à peine « Brand New World » lancé. Le rythme est très enlevé et devient de plus en plus rock, tout en se retrouvant enrobé d’électro, dans un break instrumental vers la mi-parcours. Le final du titre est d’ailleurs on ne peut plus typé rock’n roll.
Sur « Phantomagic » MAN prend le dessus au niveau du chant. Il est intéressant de voir déjà seulement après trois pistes, les possibilités offertes par ce double lead vocal.

Attention, là c’est de l’énorme ! « Basket Shoes » est juste le titre sur lequel il est bien dur, pour ne pas dire impossible, de ne pas craquer. Entrainant, proposant une subtile alchimie entre pop et électro, c’est ce que l’on peut appeler un hit single, mais de ceux de haute qualité. L’utilisation de l’ocarina au cours de cette chanson apporte un véritable plus, une prise de risque que l’on n’a pas l’habitude d’entendre chez d’autres groupes. Le refrain est lui tout simplement impossible à oublier. Il reste dans les têtes et on se retrouve même à le chantonner dans son sommeil. On le reprend également en chœurs avec eux dès sa première écoute. A ceci près que tous ne saisiront pas forcément les paroles immédiatement, car c’est du japonais, à part les mots basket et shoes. Ca sent donc le chant en yaourt pour bien des personnes, mais on ne peut s’empêcher de le fredonner et plus encore, alors on improvise et puis c’est également le cas pour des chansons en français, là au moins on a une excuse.

Suite à un titre aussi marquant, on pourrait légitimement s’attendre à une petite baisse. Tout en restant dans le bon, mais comme chez de nombreux artistes, un ou plusieurs morceaux peuvent être très au-dessus et d’autres très en-deçà. Il n’en est rien avec « Hane », dont le niveau est tout aussi relevé. Une véritable dualité vocale s’en dégage et le groupe sait également bien s’en servir lors de la réunion des deux chants durant les refrains, mais pas que.
MICHELLE ouvre les hostilités sur « Love Abc », avec un accessoire lui permettant de prendre une voix robotique. Afin de vous donner une idée, sachez qu’il est d’un bleu transparent et ressemble très pour trait à une pomme d’arrosoir, l’instrument bien sûr et non MICHELLE. Cette touche accentue leurs influences électroniques, tout en proposant une originalité sacrément audacieuse.

1000say calme le jeu par « Ridin’ On Stars », d’une douceur rafraîchissante, cette délicate attention nous prépare à une certaine dureté électro lors de l’intro de « Gaia ». Lors des refrains, cette chanson gagnera en légèreté, avant de repartir vers quelque chose d’intensément spatial, que ce soit avec ou sans vocaux.
La formation relance un morceau pop rock ultra accrocheur, décidément elle sait y faire. « Sagitarius » nous entraine avec une facilité déconcertante, à plus forte raison avec son refrain tout au moins aussi catchy que ceux de « Basket Shoes » et « Hane ».
« Baby Universe » risque également de vous trotter dans l’esprit, la répétition de son titre lors du chorus y étant pour beaucoup. Mais le tout dans un esprit plus relâché et non énergique comme son prédécesseur.

Un calme dont le pourtant vivace « Kaze » sait aussi faire preuve. Son outro au piano étant juste sublime et surtout on ne s’y attendait absolument pas. 1000say nous prenant une nouvelle fois à contrepied et l’on ne peut qu’apprécier ces prises de risques et le côté surprenant en découlant.
C’est d’ailleurs délicatement que « Prizm » vient conclure cet album. Sans être non plus totalement doux, loin de là, mais avec une mélancolie omniprésente. Le tout entrecoupé de solis bien sentis, tout en restant mesurés, mais apportant une touche surprenante.

Pour un premier album, 1000say a gâté toutes les personnes possédant un tant soit peu d’attrait pour la musique, peu importe le genre. Mélangeant rock, pop, électro, ainsi que des instruments venus d’ailleurs, le groupe propose des mélodies toutes plus différentes les unes que les autres et emplies de surprises. Un disque qui ne peut qu’être conseillé, en attendant le prochain et l’on est déjà impatient.

Tracklist :
1.WONDER
2.BRAND NEW WORLD
3.PHANTOMAGIC
4.BASKET SHOES
5.HANE
6.LOVE ABC
7.RIDIN’ ON STARS
8.GAIA
9.SAGITARIUS
10.BABY UNIVERSE
11.KAZE
12.PRIZM

http://1000say.main.jp

© jaquette : A THOUSAND SAY

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